19/05/26 Fiscalité & Légalité
Le contrôle fiscal permet à l’administration de vérifier l’exactitude et la sincérité des déclarations, de la comptabilité et des documents fiscaux d’une société.
Il peut se dérouler sur place ou à distance, après l’envoi d’un avis de vérification, et la société peut être assistée par un avocat fiscaliste ou un expert-comptable.
Le contrôle peut s’achever sans rectification ou conduire à une proposition détaillée, à laquelle la société peut répondre et contre laquelle elle dispose de plusieurs recours.
Le contrĂ´le fiscal est la procĂ©dure qui permet Ă l’administration de vĂ©rifier qu’une sociĂ©tĂ© a bien dĂ©clarĂ© et payĂ© ses impĂ´ts. Nous Ă©voquons ici essentiellement le contrĂ´le fiscal touchant les sociĂ©tĂ©s.
Le terme inquiète, mais il ne s’agit pas d’une sanction. Le contrĂ´le fiscal est une procĂ©dure de vĂ©rification. La « sanction » peut intervenir ultĂ©rieurement.
On dit traditionnellement que le contrĂ´le fiscal permet Ă l’administration de vĂ©rifier l’exactitude et la sincĂ©ritĂ© de la comptabilitĂ© d’une entreprise.
Bilan, grands livres, TVA, CFE, factures etc. l’ensemble de la documentation fiscale et comptable est contrĂ´lĂ©.
D’ailleurs toute sociĂ©tĂ© astreinte Ă tenir une comptabilitĂ© peut faire l’objet d’un contrĂ´le fiscal. Cela implique tant les sociĂ©tĂ©s commerciales que les sociĂ©tĂ©s civiles soumises Ă l’impĂ´t sur les sociĂ©tĂ©s. Attention, cela ne signifie en aucun cas que les autres formes d’activitĂ©s ne peuvent faire l’objet de vĂ©rifications fiscales et comptables par l’administration.
Ne pas confondre contrĂ´le fiscal et contrĂ´le URSSAF :
Notamment pour les Entreprises Individuelles, il faut faire attention, le contrôle fiscal est distinct du contrôle Urssaf. (Les deux peuvent parfois aller de pair…)
Le contrôle fiscal relève de la DGFiP, la Direction générale des Finances Publiques.
Il portera sur l’exactitude des diverses dĂ©clarations (BIC, BNC, TVA, CFE etc.)
Le contrĂ´le URSSAF, quant Ă lui, est menĂ© par cet organisme et porte sur les cotisations sociales : le chiffre d’affaires a-t-il Ă©tĂ© convenablement dĂ©clarĂ© ? Les charges sociales sont-elles rĂ©gulières et bien payĂ©es ?
Le contrĂ´le fiscal peut prendre deux formes : le contrĂ´le sur place et le contrĂ´le Ă distance (le contrĂ´le Ă emporter), pour reprendre l’humour de certains praticiens.
Le contrĂ´le « sur place » signifie que l’inspecteur se dĂ©place dans les locaux de la sociĂ©tĂ©.
Ă€ titre exceptionnel, la sociĂ©tĂ© peut solliciter auprès de l’administration que le contrĂ´le ait lieu au cabinet de l’expert-comptable. La demande est faite par Ă©crit Ă l’administration.
Ce contrĂ´le se dĂ©roule Ă distance et non sur place, la sociĂ©tĂ© devant envoyer les « FEC ». Il s’agit du Fichier des Écritures Comptables. Cet envoi se fait par voie dĂ©matĂ©rialisĂ©e.
Le contrĂ´le fiscal commence par la rĂ©ception d’un avis de vĂ©rification.
Cet avis indique notamment les annĂ©es faisant l’objet du contrĂ´le et mentionne le droit d’ĂŞtre assistĂ© d’un Conseil. Ce Conseil peut ĂŞtre un avocat fiscaliste ou encore un expert-comptable.
Il s’agit lĂ d’un principe fondamental. En effet, un contrĂ´le fiscal ne s’affronte pas seul. Le dirigeant peut/doit ĂŞtre accompagnĂ©, par un professionnel du chiffre et du droit fiscal. Le contrĂ´le fiscal est oral et contradictoire. L’administration ne peut (sauf silence fautif) retenir de corrections sans avoir dĂ»ment entendu le dirigeant.
Le contrĂ´le formel : il s’agit d’un examen des conditions de tenue de la comptabilitĂ©. En effet, pour une sociĂ©tĂ©, tenir une comptabilitĂ© est une obligation lĂ©gale. Cela appelle nĂ©cessairement des frais supplĂ©mentaires. Cela explique que beaucoup d’entrepreneurs se tournent vers l‘entreprise individuelle, ayant une comptabilitĂ© moins contraignante.
Le contrĂ´le de fond : il s’agit cette fois du contrĂ´le de la rĂ©gularitĂ© des pièces prĂ©sentĂ©es. Les opĂ©rations sont-elles conformes ? Les montants sont-ils justifiĂ©s ? Les factures sont-elles rĂ©gulières ?
L’inspecteur « épluche » l’ensemble de la documentation, fait des rapprochements, et c’est cela qui dĂ©terminera l’issue du contrĂ´le.
C’est l’issue la plus enviable. L’inspecteur estime que tout est en règle, circulez il n’y a rien Ă voir.
Lorsque l’administration dĂ©tecte des irrĂ©gularitĂ©s, elle engage une procĂ©dure de rectification.
Elle adresse une proposition de rectification détaillée, qui précise les montants des droits, taxes et pénalités envisagés.
La sociĂ©tĂ© dispose d’un dĂ©lai pour prĂ©senter ses observations Ă©crites et discuter du bien-fondĂ© des rectifications.
L’administration rĂ©pond aux observations, de manière motivĂ©e. Elle peut accepter ou maintenir sa position.
En cas de désaccord persistant, des recours précontentieux et contentieux sont disponibles.
Concernant l’impĂ´t sur les sociĂ©tĂ©s, le dĂ©lai de reprise court jusqu’Ă la fin de la troisième annĂ©e suivant celle au titre de laquelle l’imposition est due.
Par exemple : pour l’IS de l’exercice 2022, l’administration peut intervenir jusqu’Ă fin 2025. Par exception, notamment en cas d’Ă©vasion fiscale ou d’instance judiciaire, le dĂ©lai est de 10 ans.
Ă€ rĂ©ception de la dĂ©cision de l’administration, la sociĂ©tĂ© peut prĂ©senter ses observations dans un dĂ©lai de 30 jours.
Une fois l’imposition mise en recouvrement, la sociĂ©tĂ© dispose d’un dĂ©lai pour dĂ©poser une rĂ©clamation auprès de l’administration fiscale (LPF, art. R 196-1 et R 196-3). Il existe deux dĂ©lais principaux :
| DĂ©lai gĂ©nĂ©ral : Jusqu’au 31 dĂ©cembre de la 2e annĂ©e suivant la mise en recouvrement ou le versement spontanĂ© de l’impĂ´t. DĂ©lai spĂ©cial (après rectification) : Jusqu’au 31 dĂ©cembre de la 3e annĂ©e suivant la notification de la proposition de rectification. |
Un contrĂ´le fiscal n’est pas une fatalitĂ©, ni une guerre perdue d’avance, Ă condition d’ĂŞtre bien accompagnĂ©.
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Samuel BOUGHANEM
Juriste droit des affaires, sociétés et contrat spéciaux
Elève-Avocat
ChargĂ© d’enseignementÂ
Université Paris I Sorbonne, Nanterre
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